J’ai publié Bristles le 4 septembre 2007. Le dessin est né d’une expérience avec la fonction de mélange de FontLab, dans laquelle j’ai combiné deux de mes polices antérieures, Skirt et Bleeker, à parts égales. Le premier résultat était chaotique. J’ai donc passé beaucoup de temps à corriger le crénage, l’approche et les accents, et à reconstruire les formes qui ne s’étaient pas correctement fusionnées, comme des astérisques dépareillés ou des queues de Q incompatibles. Une fois la structure stabilisée, j’ai ajouté des substitutions OpenType par paires pour que certaines combinaisons de lettres déclenchent des formes alternatives, donnant à la police un rythme moins mécanique.
Pour créer l’aspect abîmé, j’ai exporté la version nettoyée et composé du texte dans Photoshop. Avec une tablette et un pinceau texturé, j’ai appliqué des traits peints, puis ajouté des calques de grain de film simulé à l’aide du logiciel de traitement photographique Exposure. Après avoir converti les textures en 1 bit, je les ai vectorisées automatiquement et j’ai nettoyé les contours dans FontLab. Le résultat avait le caractère d’une vieille enseigne peinte, avec des lettres qui semblaient à peine tenir sur leur fond.
Le 11 juin 2021, j’ai mis Bristles à jour avec des améliorations techniques. J’ai supprimé des caractères obsolètes comme le L avec point et le E avec brève, corrigé une incohérence entre les largeurs de l’espace et de l’espace insécable, et ajusté les métriques verticales pour une meilleure compatibilité avec les navigateurs. Le dessin lui-même est resté inchangé. Je n’ai pas vu Bristles dans des projets marquants, mais elle reste l’une de mes expériences de mélange numérique et de texture où le procédé a le plus guidé le résultat.